L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux

Auteur: Nicholas Evans
Editions: Albin Michel
Collection: /
Année de parution: 1996
Nombre de pages: 410

Comment réagira Annie Graves, vedette de la presse new-yorkaise, lorsque Grace, sa fille unique de 13 ans, et son pur-sang, Pilgrim, seront fauchés par un quarante tonnes sur une route verglacée ?
Elle sera profondément bouleversée, et elle comprendra très vite que, pour sauver Grace, il faut empêcher le sacrifice de l’animal mutilé.
Alors, délaissant tout, elle va partir à la rencontre d’un homme qui possède un don mystérieux. C’est là-bas, dans la splendeur du Montana, que vit Tom Booker, le « chuchoteur », celui qui comprend si bien les chevaux et si peu ses propres sentiments.

Première lecture de 2019 et premier coup de cœur ! On peut dire que cette nouvelle année commence bien…

J’avais déjà lu L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux il y a bien longtemps ; j’avais aimé, sans plus. Avec le recul, je pense que je n’avais pas la maturité nécessaire pour apprécier réellement ce roman. Ici, on est certes face à une romance, mais une romance bien éloignée de celles que l’on trouve dans les romans Young Adult. Le style, en premier lieu, est un peu plus complexe que ce qu’on a l’habitude de voir actuellement. J’ai trouvé la plume de l’auteur pleine de poésie avec en même temps un regard extrêmement lucide voir cru sur certaines choses. J’irai même jusqu’à dire qu’il y a pratiquement autant de variations de styles que de personnages dans ce livre. Celui qui accompagne Annie, personnage tourmenté, qui pense en permanence, est assez imagé, avec nombre d’images, de métaphores. Celui de Grace, jeune adolescente, est plus simple, tout en étant tourné vers son intériorité, ses sentiments, avec des pensées incohérentes parfois, à l’image de ce qu’est l’adolescence. Enfin, le style qui accompagne le chuchoteur est plus factuel, plus simple, avec des phrases courtes et concises, tout comme l’homme en lui-même qui vit le moment présent sans se poser trop de questions. 

Contrairement au film, plutôt centré sur les chevaux et le personnage de Grace, le roman est plutôt orienté vers la relation entre Annie et Tom, ainsi que sur le trio Annie/Grace/Pilgrim. La psychologie des différents personnages est bien abordée, assez détaillée, ce qui fait qu’on éprouve vite de l’empathie pour chacun d’eux.

C’est également, selon moi, un livre qui présente une certaine portée « initiatique » et dont l’enseignement principal serait qu’il faut apprendre à vivre dans l’instant, à être présent à tout moment, en pleine conscience, un peu comme le font les chevaux (et les animaux en général), et que le bonheur, finalement, n’est pas une finalité mais plutôt une succession de petits instants. Mais c’est également une belle leçon de résilience, de patience et d’amour au sens général du terme.

J’ai vraiment voyagé jusqu’aux confins du Montana avec ce roman et le dépaysement a été total. J’ai quitté les lieux à regret et cette lecture m’a trotté dans la tête plusieurs heures après avoir refermé le livre.

Seul bémol : certains traitements du cheval, présentés comme « bons » sont des aberrations et sont au contraire plutôt cruels quand on s’intéresse un peu à l’éthologie équine. Mais à la décharge de l’auteur, ce roman date de 1996 et à l’époque, l’éthologie équine n’était pas forcément très connue ni très accessible en dehors d’un certain noyau de scientifiques.

Que vous soyez fan ou non de chevaux (vraiment, le cheval n’est pas aussi présent dans le livre que dans le film), foncez découvrir cette belle histoire d’amour ; ça en vaut vraiment la peine !

19/20

Chroniques lunaires, tome 1: Cinder

Auteur: Marissa Meyer
Editions: Pocket
Collection: Jeunesse
Année de parution: 2012
Nombre de pages: 412

A New Beijing, Cinder est une cyborg. Autant dire une paria. Elle partage sa vie entre l’atelier où elle répare des robots et sa famille adoptive. A seize ans, la jeune fille a pour seul horizon les tâches plus ou moins dégradantes qu’elle doit accomplir pour ses sœurs et sa marâtre.
Mais le jour où le prince Kai lui apporte son robot de compagnie – son seul ami -, le destin de Cinder prend un tour inattendu. La forte attirance qu’éprouvent le beau prince et la jeune cyborg n’a aucune chance de s’épanouir, surtout que le royaume est menacé par la terrible reine de la Lune !
Débute alors pour Cinder une aventure incroyable, où elle découvrira que le sort de l’humanité est peut-être entre ses mains.

Je ne vais pas faire durer inutilement le suspens: j’ai énormément aimé ce roman. Tellement que je l’ai lu en deux petits jours; j’étais vraiment happée par l’histoire et j’avais beaucoup de mal à lâcher le livre.

Tous les éléments du conte originel de Cendrillon sont présents: la marâtre, les belles soeurs, le prince charmant, la chaussure/le pied, le carrosse… Les personnages sont intéressants; chacun a sa propre personnalité. Cinder est un personnage assez fort sans être parfaite et c’est appréciable. J’ai bien aimé le fait qu’on ne tombe pas dans certains clichés, notamment un grand clivage « méchants vs gentil » comme on peut trouver dans les contes de fées. Evidemment, certains personnages sont plutôt du bon côté, d’autres du mauvais mais ils ne sont pas trop caricaturaux quand même comme j’en avais un peu peur avant de lire ce livre.

La plume de l’auteur est agréable, l’histoire bien rythmée; on ne s’ennuie pas une seconde. Petit bémol: on devine la fin bien trop vite mais cela ne m’a pas empêchée de me laisser emporter par l’histoire qui mêle habilement conte et sciences fiction. J’avoue qu’à la base j’avais un a priori sur ce livre, n’étant pas fan de SF, et pourtant l’univers est riche sans que cela soit « trop » (ce pourquoi je n’accroche souvent pas avec la SF, les univers sont très complexes et j’ai du mal à les trouver toujours hyper logiques) et bien amené par l’auteur. Adeptes de cyborgs, droïdes et autres humanoïdes, ou encore d’univers cyberpunk, ce roman vous plaira sans conteste.

Par contre, ce n’est pas du tout un roman qui se suffit à lui-même; c’est vraiment simplement le début d’une saga et la fin de ce tome n’est que l’ouverture vers la suite de l’histoire.

Pour conclure, je dirais que ce livre pourra ravir énormément de publics différents (je pense qu’il peut se lire dès 12 ans, sans trop de problèmes) y compris les lecteurs pas attirés par la SF. Il rentrera également sans problèmes dans les catégories « réécritures de contes » des challenges littéraires. Pour ma part, ce n’est pas un coup de coeur, même si on n’en est pas loin, sans que je sache vraiment trop pourquoi. Il ne m’a pas manqué grand chose pour être totalement emballée par cette histoire. Je pense que si j’avais lu ce livre quand j’étais adolescente, au moment où on se laisse plus facilement embarquer à 200% dans des récits, j’aurais eu un vrai coup de coeur pour ce livre. Un très joli 18/20 pour moi.

L’exquise clarté d’un rayon de lune

Auteur: Sarah Morgan
Editions: Harlequin
Collection: &H
Année de parution: 2014
Nombre de pages: 424

Ca-tas-tro-phi-que. Voilà qui caractérise parfaitement bien l’été qui s’annonce pour Elise Philippe, chef de cuisine surdouée. L’ouverture à Snow Crystal du café qu’elle doit diriger – son bébé, le projet de sa vie – ne cesse d’être repoussée à cause d’une succession d’incidents rocambolesques. Comme si le destin complotait pour lui pourrir la vie ! Heureusement, telle la meringue sur la tarte au citron, voilà que Sean O’Neil rentre au domaine. Le beau, le charismatique et troublant Sean… dans les bras duquel elle a passé la plus belle des nuits, l’été dernier. Oui, là, tout de suite, Sean pourrait être une distraction bienvenue et très, très sympathique. Une distraction de quelques heures, sans attaches ni lendemain. Après tout, ce n’est pas comme si elle risquait de tomber amoureuse, non ?

Je ne suis pas friande de romances « pures et dures » sauf au moment des fêtes de fin d’année. L’exquise clarté d’un rayon de lune fait partie de ces romans que je n’apprécierais pas si je l’avais lu au printemps ou en été par exemple. Je me l’étais réservé pour cet hiver donc. Bon le seul soucis c’est que l’histoire se passe en été donc ce n’était pas raccord avec la saison durant laquelle je la lisais et j’ai forcément été un peu déçue mais ce n’est pas du tout imputable à l’auteur ou au livre en lui-même.

Il s’agit du deuxième tome de la saga des Frères O’Neil dont j’avais lu le premier tome en hiver 2016 je crois mais chaque tome peut se lire de manière isolée, on n’a pas besoin d’avoir lu le premier tome pour comprendre le second ou le troisième.

Il s’agit vraiment d’une bonne romance, bien classique, dont on devine le dénouement avant même d’avoir lu la première page, donc difficile de donner un avis objectif sur ce roman. On ne va pas se mentir, ça reste assez quelconque en terme d’intrigue et d’écriture, ce qui en fait la « magie » c’est l’état d’esprit dans lequel on le lit. C’est peut-être dû au fait que je n’ai pas lu ce livre à la bonne période de l’année mais je n’ai pas été transportée dans le Vermont comme j’avais pu l’être en lisant le premier tome. J’ai trouvé certaines longueurs, avec la sensation que ça tournait un peu en rond au bout d’un moment. J’ai eu du mal à certains moment avec les personnages, Elise, ça passait encore plutôt bien mais Sean m’a bien souvent hérissé le poil avec son comportement un brin machiste…

En conclusion, je dirais que ça reste une bonne petite romance, qui respecte tous les codes du genre et qui plaira, je pense, aux fans du genre. 14/20 pour moi

A jamais…

Auteur: Stefany Thorne
Editions: Reines-Beaux
Collection: /
Année de parution: 2018
Nombre de pages: 451


Carah Swan revient dans sa ville natale dans l’espoir de retrouver l’inspiration dans la magie de Noël. Sur les conseils avisés de sa sœur aînée, elle accepte de devenir la gouvernante d’Éléonore qui n’est autre que la charmante fille de l’héritier de la couronne, le Prince James McGregor de Bavery.
Leur rencontre ne ressemble en rien à un conte de fées. Au contraire, le prince s’avère aussi glacial qu’impassible face à la joie de vivre débordante de la jeune femme. Néanmoins, Carah ne tarde pas à devenir un véritable rayon de soleil pour tout le royaume, exaspérant le prince qui la fuit comme la peste. Elle finira par découvrir ce qui le pousse à tant d’hostilités, ce qui remettra en question sa présence au sein du château.
Lorsque le destin vous frappe de plein fouet, l’amour peut-il bousculer un protocole ancestral ?

J’ai choisi de lire ce roman dans le cadre du Cold Winter Challenge, période où j’apprécie lire des romances, même celles que je trouve un peu cucul tout le reste de l’année… Les fêtes de fin d’année doivent avoir une influence sur moi, je ne sais pas, mais toujours est-il que c’est une période de l’année où je suis beaucoup plus « cool » dans mon jugement des romances.

J’attendais énormément de cette histoire: ça se passe dans un royaume dépeint comme l’Ecosse (d’ailleurs, ça ressemble tellement à l’Ecosse que je ne comprends pas pourquoi l’autrice n’a pas simplement choisi d’installer son histoire en Ecosse… même après lecture, je ne saisis pas bien quel était l’intérêt de créer un royaume qui n’existe pas.. enfin bref, je pense que je reviendrai sur ce point-là un peu plus loin dans ma critique…), avec une héroïne qui ne semble pas se laisser marcher sur les pieds, et un prince. Bon, avant même d’ouvrir le bouquin, je savais comment ça allait se terminer et comment ça allait se passer même, grosso modo. Mais je l’ai dit, en période de fêtes, je prends plaisir à lire ce genre d’histoire (alors que ça m’insupporte le reste de l’année). Donc, j’attendais énormément de cette histoire et j’ai été déçue.

Malheureusement, je n’ai pas accroché. Le style déjà… C’est la chose qui m’a le plus rapidement énervée. J’avais l’impression de lire une médiocre fanfiction d’Outlander. Rapidement, les personnages m’ont fait penser à certains personnages de séries (le prince James me fait penser à Jamie d’Outlander, Carah me rappelle étrangement Claire… quant à la grand-mère, je ne sais pas pourquoi, mais elle m’a fait penser à la grand-mère de Downton Abbey, l’anglaise hein, pas l’américaine…), à tel point que j’entendais presque la voix de ces personnages en lisant les dialogues du livre! Sans doute que certains lecteurs aiment ce genre de personnages mais moi ça a le don de m’agacer parce que ça me donne l’impression que l’auteur ne s’est pas foulé pour créer des protagonistes originaux. Ce sentiment d’irritation n’a fait qu’augmenter quand j’ai vu que l’auteur proposait plusieurs morceaux de la BO de la série Outlander pour accompagner la lecture de son récit. Et on en revient donc à l’incompréhension quant au choix du lieu où se déroule l’histoire. Tout, mais alors tout dans ce livre pointe vers l’Ecosse (playlist pour accompagner la lecture, langue et généalogie de certains personnages, habitudes de vie, noms de famille des personnages principaux et secondaire…) alors pourquoi ne pas avoir situé l’action en Ecosse? Quel intérêt de créer un royaume imaginaire ressemblant autant à un pays qui existe déjà? Personnellement, j’y vois une « Mary Sue » écrite par une fangirl d’Outlander qui change quelques détails pour que ça ne soit pas trop voyant.
Si vraiment Stefany Thorne s’est tant inspirée de ces séries, comme je le pense, la moindre des choses c’est de l’indiquer dans le bouquin… Mais je n’ai pas vraiment de preuve formelle de ce que j’avance; j’ai fait quelques recherches et je n’ai pas trouvé d’indication de la part de l’auteur allant dans ce sens.

Les personnages en eux-mêmes ne m’ont pas emballée. Ils ne sont pas désagréables mais n’ont rien d’attachant. Alors peut-être que c’est dû au fait que j’ai, malgré moi, passé du temps à essayer de trouver tous les « clins d’oeil » à Outlander et que je ne me suis donc pas plongée à fond dans l’histoire. Mais quand même… Je les ai trouvé inconstants, illogiques… Côté prince et sa famille, on a l’impression qu’ils vivent dans un autre temps vu leurs coutumes et leurs habitudes, leurs avis, leur façon de parler… Je sais bien que ce sont des souverains donc un milieu sensé être différent de celui de l’héroïne, mais là c’était juste excessif, beaucoup trop cliché… L’héroïne… Elle m’a vite gonflée malheureusement. Je l’ai trouvée assez irrespectueuse, tout comme le prince en fait quand j’y réfléchis, et les scènes de sa maladresse, sensées être -j’imagine- les moments « fou rires » vendus par la quatrième de couverture, m’ont juste horripilée tellement c’était cliché et mal amené.

Mention spéciale à la maison d’édition: je ne sais pas qui relit leurs épreuves mais là c’est n’importe quoi… Fautes de conjugaison, expressions mal traduites, mal utilisées, hors de propos, quand ce ne sont pas simplement des mots qui manquent dans le récit… Non vraiment, là je dis qu’il faut arrêter le massacre…

Pour moi, ce sera un petit 13, parce que j’ai tout de même eu envie de continuer ma lecture, que l’auteur explique qu’elle a écrit ce roman à la suite d’un épisode de page blanche que j’imagine assez difficile à vivre pour un écrivain et que c’est Noël 🙂

Braveheart theme song – James Horner
People disappear all the time – BO Outlander
Canon (version écossaise) – Johann Pachelbel

Did I mention I love you?

 

 

Auteur: Estelle Maskame
Edition: Pocket
Collection: Jeunesse
Année de parution: 2016
Nombre de pages: 410

Eden, 16 ans, va passer l’été dans la famille recomposée de son père, à Santa Monica, en Californie. Ce dernier a refait sa vie… Ce qui veut dire trois nouveaux demi-frères pour Eden. Le plus âgé, Tyler, est un vrai bad-boy : séducteur, égocentrique, violent…

Fascinée, elle ne peut s’empêcher de succomber au charme de la seule personne qui lui est défendue : son demi-frère.

 

 

 

 

Ayant lu pas mal de critiques plutôt positives, même de la part de personnes pas forcément fan du genre, je m’attendais à passer un chouette moment avec ce bouquin. Je suis partie très positive dans cette lecture, ayant bien conscience de ne pas être le coeur de cible de ce roman.

Et j’ai été déçue… Mais vraiment déçue… C’est à dire que, même en me glissant dans la peau d’une jeune femme de 16 ans (coeur de cible de ce genre de littérature), j’avais une impression négative.

En cause déjà, le style d’écriture: très (trop) simple, voir simpliste. A certains moments, j’avais l’impression de lire une fanfiction quelconque comme on peut en trouver des centaines un peu partout sur le net. A noter quelques fautes d’orthographe qui m’ont fait saigner les yeux: « on est allées », par exemple. Mais ça c’est plutôt un problème côté traduction du coup.
Ensuite, les bien trop nombreux clichés m’ont exaspérée au possible: les trois frères un peu nuls issus de la famille recomposée, les personnages en eux-mêmes qui ne sont que des clichés sur pattes, les parents, les lieux, les amis, les relations entre les protagonistes… Le sexisme ordinaire présenté dans ce bouquin à plusieurs reprises m’a aussi beaucoup énervée.

Vraiment, ça a été très compliqué à lire pour moi mais je comprends que ça puisse parler à certains ados. A la décharge de l’autrice, celle-ci est encore jeune, ce qui peut peut-être expliquer son manque de style et le côté un peu cliché de ses personnages (encore que… il y a d’autres jeunes auteurs qui ne versent pas dans ce genre de choses). C’était tellement pesant que j’ai même sauté quelques passages sur la fin.

Bref… Si je note avec mes yeux d’adolescente, je dirais que ce roman mérite un petit 13 parce que j’imagine que je serais plus facilement entrée dans le récit. Avec mes yeux d’adulte par contre, il ne passerait pas la barre du 10.